SAMUEL BECKETT

Samuel Beckett - Collection Portrait d'auteurs - Editions Marval

L’histoire de Paris est jonchée des histoires personnelles des nombreuses personnes célèbres qui y ont vécu. Parmi eux, il y a pas mal de personnalités irlandaises célèbres (Oscar Wilde, JM Synge, Maud Gonne, James Joyce, comtesse Markievicz …)
Peu de ces parisiens irlandais, ont laissé un héritage plus durable et une empreinte plus indélébile. Samuel Beckett, reste la connexion française incarnée.

Beckett – le plus parisien des irlandais ou le plus irlandais des parisiens ?
Telle est la question posée par Irish Eyes dans cette série en deux parties pour marquer le centenaire de la naissance de l’une des plus grandes figures littéraires d’Irlande.
La Beckett French Connection a vraiment commencé en 1928, quand après avoir obtenu son diplôme en Langues Modernes du Trinity College de Dublin, il a été nommé «lecteur» à l’Ecole Normale Supérieure de la rue d’Ulm.
Le futur lauréat du prix Nobel n’était pas encore accro. Il est retourné à Dublin à son alma mater où il a donné des conférences en français.
Séjour irlandais court déclarant qu’il – « ne pouvait pas supporter l’absurdité d’enseigner aux autres ce qui » – il ne se comprenait pas pleinement. L’attrait de Paris et sa dépendance aux choses continentales allaient bientôt le ramener en Europe continentale. Après de nombreux voyages, il s’installa finalement rue des Favoris, près de Montparnasse en 1936.

Beckett Nobel de littérature en 1969

À partir de cette période, Samuel Beckett écrivit presque exclusivement en français, bien qu’il traduisit la plupart de ses propres œuvres en anglais. Cette situation fait de lui une figure quasi unique de la littérature moderne – écrire dans une langue qui n’est pas sa langue maternelle pour se libérer des contraintes imposées par ce fait et pourtant les réimposer lui-même en travaillant à rebours dans son idiome natal. Cette situation a incité Ragner Glerow, de l’Académie suédoise, à annoncer dans le discours de présentation du prix Nobel de littérature 1969 qu’un seul prix (était) adressé à un homme, deux langues et une troisième nation, elle-même divisée’ ‘: ironique en effet étant donné que Beckett lui-même avait fait ses études au nord et au sud de la frontière irlandaise (Portora, près d’Enniskillen et du Trinity College de Dublin).
Samuel Beckett n’était donc pas étranger à cette notion de dualité linguistique et culturelle. Il a choisi de s’appuyer dessus et de produire un opus de travail qui transcende même ces frontières et dont les implications pourraient être universellement appliquées.

Beckett est très irlandais

Néanmoins, il semble avoir conservé certains traits qui le définissaient clairement comme un Irlandais. Son ami proche et éditeur anglais John Calder, l’a confirmé dans une interview avec «The Irish Eyes», déclarant que ce qu’il (Beckett) a à dire plaît partout mais il était irlandais, son origine était irlandaise, il y a des références constantes à Paysages irlandais et ainsi de suite, qui sont reconnaissables aux Irlandais et beaucoup de tournures de phrase sont irlandaises … il était lui-même une personne très irlandaise. « 

France Vs Irlande

Pourtant, malgré cette irlandaisité, Beckett est considérée en France comme un trésor national, comme un exemple de ce que la France fait de mieux. Il s’impose comme l’illustration classique de l’auteur-intellectuel avec une orientation française sur les questions universelles. En tant que tel, son travail est encensé. Les réalisateurs et acteurs français, tout en sautant sur l’occasion de travailler sur ses pièces, les traitent d’une manière extraordinairement respectueuse. Cette distance crée une relation tout à fait différente avec les pièces de théâtre que celle d’une version irlandaise. Beckett lui-même aurait certainement été satisfait de l’idée que sa propre ambiguïté culturelle et linguistique se voit sur la scène elle-même.

©   Article de Declan McCavana imprimé dans le N°95 de The Irish Eyes Magazine

En découvrir plus : 
Ré-écoutez l’événement : Je viens de loin, j’écris français, en partenariat avec l’Alliance française Paris Ile-de-France. 
Á l’occasion des trente ans de la mort de Beckett et du cinquantenaire de son prix Nobel, avec l’universitaire Dunlaith Bird et le journaliste Bernard Magnier.