Portugal : 208 km/h. C’est la rafale qui a pulvérisé le record national portugais mercredi 28 janvier 2026, à Figueira da Foz. La tempête Kristin fut qualifiée de bombe météorologique explosive par les experts. Elle a déferlé sur le littoral atlantique portugais avec une violence inouïe.
Triste Bilan : 6 morts, plus de 13 000 incidents recensés, 450 000 foyers privés d’électricité. Entre chaos et résilience, la «Reine des plages» panse ses blessures.
La météo réécrit l’Histoire
Mercredi 21 janvier 2026, à l’aube, Kristin a tout emporté sur son passage. L’ancien record de 176,4 km/h — établi lors de la tempête Leslie en 2018 — a été littéralement soufflé. À Figueira da Foz, les vents ont atteint 208 km/h, plaçant cette tempête au niveau d’un ouragan de catégorie 3 sur l’échelle de Saffir-Simpson (1) ce qui signifie des vents en KM/ h de 178-208.
Les images qui circulent sur les réseaux sociaux sont apocalyptiques : la grande roue du front de mer, symbole moderne de la ville, gît couchée sur le flanc. Les toits arrachés jonchent les rues. Des façades entières se sont effondrées, écrasant les voitures garées en contrebas.
« C’est une zone de guerre », murmurent les habitants devant les décombres, un constat partagé par Carlos Tavares, commandant sous-régional de la protection civile de Coimbra, qui évoque une situation « terrible » et des dégâts d’une dimension « brutale ».
Le phénomène, aussi rare que brutal, est associé à un « sting jet » — un noyau de vents descendants ultra-violents typique des bombes météorologiques. Pour les météorologues, c’est un événement qui n’arrive qu’une fois tous les 15 à 20 ans. Figueira da Foz n’avait pas eu cette malchance depuis Leslie.
Figueira da Foz meurtrie
Nichée à l’embouchure du Mondego, Figueira da Foz est bien plus qu’une simple station balnéaire. Héritière d’une élégance classique du début du XXe siècle, celle que l’on nommait la « Reine des Plages » (A Raínha das Praias de Portugal) accueillait alors l’aristocratie européenne dans ses palais Belle Époque et son casino Art déco.
Aujourd’hui encore, en été, les Lisboetes et les Portuans, en voisins, viennent s’y rafraichir et taquiner l’Altlantique. Cette cité de caractère reste le sanctuaire des surfeurs internationaux, venus défier les vagues mythiques de Buarcos. Mais mercredi matin, cette élégance a volé en éclats. Sous l’assaut de Kristin, le front de mer a changé de visage. La zone de loisirs a été ravagée : la grande roue, symbole moderne de la ville, s’est effondrée dans un fracas métallique.

Plus au nord, là où la nature se fait plus sauvage, le choc a été tout aussi brutal. Sur les plages des villages de Quiaios et de Murtinheira, les passerelles en bois qui serpentent le long des dunes ont été bousculées. Ces structures, essentielles à la protection d’un écosystème dunaire déjà fragile, ont du lutter avec des déferlantes de 8 mètres qui ont submergé le littoral, projetant le sable et les débris jusqu’au pied de la montagne.
Les dunes, rempart naturel contre l’océan, ont été éventrées. Les pins maritimes — symbole de la forêt côtière portugaise — sont tombés par centaines, laissant des routes, des plages jonchées de troncs enchevêtrés.
Espace naturel entre Eau et FEU
Cette violence climatique est un nouveau coup dur pour un écosystème à bout de souffle. Car si la tempête Kristin a frappé par la mer, la mémoire des habitants est encore marquée par l’été 2025, l’un des plus caniculaires et dévastateurs pour les forêts portugaises. Ce cycle brutal — le feu qui fragilise les sols en été, puis la tempête qui arrache les arbres en hiver — met à rude épreuve la biodiversité locale.
Au cœur de ce paysage chahuté, la Lagoa da Vela reste un joyau de silence, bien que meurtri. Ce miroir d’eau douce est une halte vitale pour les oiseaux migrateurs. Ici, loin du fracas des vagues de Buarcos, les flamants roses et les cigognes cherchent refuge.
Mais la tempête ne s’est pas arrêtée au rivage. Dans la Serra da Boa Viagem, le « sting jet » a couché des pans entiers de pins et d’eucalyptus déjà éprouvés par la sécheresse. Pour la faune locale, le paysage a changé en une seule nuit. Le sanctuaire demeure, mais il est nu, encore plus exposé, rappelant que la beauté sauvage de Figueira est aujourd’hui une sentinelle de l’urgence climatique.
La résilience, une seconde nature
Au-delà des bilans chiffrés et des paysages défigurés, il reste ce que les tempêtes ne peuvent emporter : le caractère des habitants la région de Figueira da Foz. Dans les cafés de Buarcos comme sur les hauteurs de Quiaios, on ne s’apitoie pas. On balaie le sable, on redresse les auvents, et on regarde déjà vers le printemps.
Cette capacité à se rebondir avec la régénération chevillée au corps des Portugais, est la véritable force des pays authentiques. La ville et ses habitant savent sait la mer, est parfois cruelle. Pourtant c’est aussi l’Atlantique qui confère à la ville et sa région : son charme, sa lumière, son énergie et sa population joyeuse.
Aujourd’hui, Figueira da Foz panse ses plaies avec une dignité silencieuse, certaine que le vent finira par tourner et tous retrouveront, bientôt, le calme de la lagune. Celui où le vent, lassé de hurler, se posera enfin. Les villages, entre forêt et mer, retrouveront leur calme chargé des mêmes promesses. Kistin a marqué le temps, oui.
Mais ce sont bien ces tempêtes qui, en Irlande, aussi sculptent les falaises de Moher ou, en Bretagne, dessinent des motifs éphémères sur le sable.
Alors nous, vous reviendrons pour en témoigner, parce que c’est là, dans ces moments où tout semble suspendu, que les destinations se révèlent. Pas seulement par leurs paysages, mais par leur capacité à se relever — et à nous inviter, voyageurs, à faire de même.
Voyager autrement, ici, prend tout son sens. Ce n’est plus seulement contempler la beauté d’un lieu, mais comprendre comment il se reconstruit. Participer, à notre échelle, à cette résilience : en s’attardant dans ces tiers-lieux — cafés, restaurants, fêtes traditionnelles, ateliers, places publiques — où l’on partage bien plus qu’un repas ou une nuit. On y partage une façon d’habiter le monde.
Voyage autrement
Alors oui, Kristin restera dans les mémoires. Pourtant le tourisme de demain ne se mesurera pas aux monuments intacts, mais à la vitalité de ceux qui les font vivre et revivre.
Et cela, irishclub.fr continuera de vous le raconter — une tasse de thé, une vague, une rencontre à la fois. Nous avons des palais à vous faire découvrir à Figueira, des châteaux, et tellement de petits coins. Promis, nous vous raconterons très vite Figueira da Foz et sa région mais surtout nous vous ferons vivre avec et comme um Figueirense ou uma Figueirense.
Etiez-vous sur place ? Si vous le souhaitez : partagez vos témoignages et vos photos de la solidarité locale en écrivant à la rédaction de The Irish Eyes.
(1) Note de la rédaction : L’échelle de Saffir-Simpson est utilisée pour classer les ouragans en fonction de la force de leurs vents soutenus. Avec des rafales enregistrées à 208 km/h, la tempête Kristin se situe au niveau d’un ouragan de catégorie 3 (vents compris entre 178 et 208 km/h), un stade où les dégâts structurels sur les bâtiments et la végétation deviennent majeurs.
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