Voyage Grand Angle
Que vous proposons-nous ? Voyage Grand Angle — Our Method.
Pendant six semaines, pour raconter une ville, une région, un lieu, autrement, nous observerons via les thématiques : Économie – Patrimoine – Environnement – Société – Culture et Gouvernance. Ces clés liées au tourisme, à ses enjeux et à ses effets. Donc nous commençons par Arles, ses arènes, ses ateliers d’artistes, ses tiers lieux. Une ville où le temps semble suspendu et en perpétuel mouvement.
Cette dualité rappelle Lisbonne, où les tramways jaunes glissent entre les collines comme des ponts entre les siècles, ou Dublin, où les récits de Joyce résonnent encore dans les ruelles pavées. Trois pays, trois villes, trois façons de conjuguer l’histoire à tous les temps — sans jamais la laisser écrire la dernière ligne. »
Six semaines pour rencontrer, pour raconter avec sens, nuance et responsabilité, au rythme de celles et ceux qui la font vivre sans oublier ceux qui la rencontrent, la visitent, l’adoptent. À retrouver chaque semaine…

Arles, le voyage lentement,
L’automne est le secret le mieux gardé d’Arles. La lumière, moins ardente qu’en été, reste franche et dorée. La ville, plus tendre et joueuse, accueille le Rhône, qui parcourt 522 km en France avant de former cet exceptionnel estuaire méditerranéen, vaste et riche. Les rues du vieux centre serpentent et invitent à ralentir. Arles se révèle alors, lentement, au visiteur.
Marcher à Arles
Marcher à Arles, c’est avancer le nez en l’air. Chaque pierre semble porter une histoire et, en effet, si elle pouvait parler, elle raconterait des siècles de vies humaines…
Le Rhône s’impose, changeant selon l’heure du jour : il envoûte, accompagne, retient le voyageur. C’est pourquoi, il faut entrer lentement en Arles.
Des arènes romaines aux ateliers contemporains de la Tour LUMA, chaque quartier témoigne d’un passé vivant. L’Histoire y affleure de partout.
Les fondations romaines soutiennent encore les murs médiévaux. De plus, ces derniers, à leur tour, accueillent l’art d’aujourd’hui. Un véritable palimpseste.
Voyagez à travers les siècles…
Oubliez la check-list des incontournables. Arles, ce sont d’abord des rencontres.
Des unions réussies entre patrimoine UNESCO*, antiquité et Moyen Âge, sans nuire au présent ni omettre de penser à son futur. C’est une ville inspirante, qui excite l’imagination, invite à la création, tournée vers des futurs plus heureux. La pierre dialogue avec de vastes étendues de nature sauvage.
Prendre son temps, c’est retrouver une dimension humaine plus large.
Par conséquent, c’est en explorant la ville pas à pas, en rencontrant ses habitants, en dialoguant avec eux que vous comprendrez pourquoi Arles s’incrit dans votre mémoire.

L’Antiquité romaine
fonde Arles. Créée par Jules César en 46 av. J.-C., elle devient au IVᵉ siècle la seconde capitale de l’Empire romain d’Occident. Ses monuments classés à l’UNESCO en portent encore la trace : l’Amphithéâtre, les Thermes de Constantin, les Cryptoportiques et encore … .

Le Moyen Âge
prolonge cette importance. Après la chute de Rome, Arles demeure un centre majeur. Capitale symbolique du Royaume d’Arles (933-1378) et siège d’un Archevêché influent, la ville affirme son identité.
L’art roman y trouve un écrin : l’Église et le Cloître Saint-Trophime en sont les pièces maîtresses. Elle fut Cathédrale d’Arles en obtenant un temps le rang de primatiale des Gaules, et demeurera siège d’un archevêché jusqu’à la Révolution. Aujourd’hui, elle se dresse, Place de la République.
La Cathédrale Sainte Trophime à Arles © Office de tourisme Arles Camargue
L’Époque contemporaine
voit Arles sous un nouveau jour. En effet, en 1888, Van Gogh quitte Paris pour Arles. Il va y peindre plus de 300 œuvres durant les presque 15 mois de son séjour.
Vincent inscrit la ville dans l’histoire de la couleur : « Je veux aller dans le Midi pour voir un pays très différent, voir une autre lumière. »
La Fondation Vincent van Gogh raconte pas à pas cette longue visite de Vincent van Gogh à Arles.
Un siècle plus tard, la photographie y trouve logiquement son foyer avec les Rencontres d’Arles (1970), qui transforment la ville, chaque été, en galerie à ciel ouvert.
Les rencontres sont un des évènements culturels majeurs à impact économiques importants. L’édition 2025 a reçu 175 000 visiteurs soit 9% de progression. Les habitants y sont toujours invités gracieusement.
Les dates de la 57e édition des Rencontres d’Arles sont du 6 juillet au 4 octobre 2026. De septembre 2026 à Septembre 2027 la France célèbrera le Bicentenaire de la photographie.

Le parti pris de l’architecture contemporaine
À Arles, le patrimoine et l’architecture se rencontrent : le Musée Départemental de l’Arles antique fut pensé et érigé de 1983 à 1995 par l’architecte franco-péruvien Henri Ciriani (1936-2025), figure majeure du modernisme français, disparu récemment en octobre.
Le musée offre 15 000 m² d’espace d’exposition organisé en boucle autour de ses collections antiques. Il s’est offert un bel embellissement et le Musée Bleu — facile de comprendre pourquoi il a acquis ce sobriquet— est de nouveau ouvert au public.

Cette énergie créative se poursuit avec LUMA Arles : sa façade torsadée (faite de 11 000 briques d’acier) symbolise le dynamisme artistique de la ville au XXIᵉ siècle. Un lieu et un projet fondé par Maja Hoffmann autour de la tour imaginée par l’architecte Frank Gehry, oui, celui du Musée Guggenheim Bilbao ou encore de la Maison dansante de Prague. Luma Arles est une œuvre déconstructiviste qui vit au dela d’un concept.
« Nous voulions évoquer l’ancrage local depuis « La Nuit étoilée » de Van Gogh à l’émergence des blocs rocheux des Alpilles. La rotonde quant à elle fait écho aux arènes romaines. » Frank Gehry about The Tower.
Frank n’était pas seulement un architecte visionnaire : c’était un esprit libre, généreux, dont la présence illuminait chaque rencontre.
Maja Hoffmann à l’instant de la disparition de Frank Gehry.
Dans la série Arles autrement, Voyage Grand Angle qui commence avec cet article, retrouvez notre prochain article sur le LUMA Arles.
Arles, un territoire aux quatre visages
Avec 77 000 hectares, Arles est la plus vaste commune de France métropolitaine. Chaque paysage y raconte une manière différente de vivre avec l’eau, la pierre et la lumière.
Quatre zones se distinguent, chacune avec ses réalités, ses défis, et ses habitants.
En parcourant ces zones, vous constaterez que vous sentez le vent sur les prairies de Crau, que vous entendez l’eau glisser dans les étangs de Camargue, et que résonnent vos pas sur les pierres blondes des Alpilles.
Ne partez pas sans observer le travail discret dans les champs fertiles du Trébon. Ces quatre mondes dessinent l’art de vivre arlésien.
La Camargue – Les Saintes-Maries-de-la-Mer
Au sud, la Camargue s’étend en étangs et salins, entre ciel et eau. Pays de silence et de lumière, elle est Parc Naturel Régional depuis 1970 et Réserve de Biosphère UNESCO depuis 1977.
Aux Saintes-Maries-de-la-Mer, le gardian veille sur les troupeaux, ajuste la selle d’un cheval, guide les taureaux ou surveille les digues. Les flamants roses glissent d’un étang à l’autre. Un décor de rêve
Pendant ce temps, aux Salins de Giraud, la récolte du sel perpétue un savoir-faire ancien. Les rizières complètent ce paysage mouvant, preuve de la cohabitation patiente entre l’homme et une nature puissante, façonnée par ceux qui la vivent.

La Crau – Saint-Martin-de-Crau
Il y a plus de 12 000 ans, la Durance a changé de cours et créé un territoire unique : la Crau, dernière steppe de France, aujourd’hui Réserve Naturelle Nationale.
À Saint-Martin-de-Crau, paysages et habitants se répondent. Les pâturages accueillent les troupeaux, les parcelles de foin de Crau (AOP et AOC depuis 1997) sont récoltées avec soin.
De plus, la vaste plaine pierreuse abrite le lézard ocellé,le plus grand lézard de France métropolitaine, protégé dans les herbes sèches. Dans cette terre exigeante, chaque geste traduit une adaptation : suivre le rythme des saisons, accepter la lenteur, connaître la pierre et la lumière comme on connaît un voisin.
Les Alpilles — Les Baux-de-Provence
Au nord-est, les Alpilles dressent leurs collines calcaires, bordées de vignes et d’oliviers. Autour des Baux-de-Provence, les paysans taillent les arbres, vérifient les rangs, transportent les récoltes.
Les terrasses de pierre et les murets racontent un savoir-faire transmis de génération en génération. L’homme y compose avec le relief et la lumière, sculptant un paysage à la fois utile et poétique.
Par ailleurs, dans la chaleur provençale, on croit encore entendre l’écho des mots de Frédéric Mistral, enfant de Maillane, célébrant ces collines et « la vie simple » de ceux qui les habitent. Ces paysages sont l’âme des villages d’Arles !
Le Trébon – Tarascon
Au nord-ouest, la plaine du Rhône offre une terre fertile, largement cultivée. À Tarascon, les champs irrigués, les cultures diversifiées et les canaux entretenus montrent un rapport intime à l’eau et au sol.
Moins spectaculairement montré que les autres zones, le Trébon est pourtant essentiel : il nourrit, soutient, structure le quotidien.
C’est une Provence discrète, attachée à ses traditions, célébrées notamment lors des Fêtes de la Tarasque, chaque année vers la fin juin. Depuis plus de 550 ans, la légende de la Tarasque, Sainte Marthe, le roi René, le château, et l’ombre du facétieux Tartarin animent la ville avec défilés, processions et feux. Une mémoire vivante, partagée.
L’identité et les particularités de ces quatre territoires constituent le socle vivant d’Arles. Leur rencontre régulière avec les flux touristiques pose la question du délicat partage et de son organisation. Comment être sûr d’assurer que ce développement soit équitable, profitable à l’économie locale et, fondamentalement, respectueux du quotidien et de l’expérience de ceux qui y résident à l’année ?
C’est précisément cette organisation, et la réalité de ses retombées sur les équipements publics comme sur le quotidien des Arlésiens, que nous analyserons en détail dans un autre de nos prochains articles. »
L’hospitalité arlésienne : le tourisme par et pour tous
Le tourisme à Arles est un moteur économique puissant, quoique fragile. Avec 1,5 million de visiteurs par an, la ville accueille en moyenne trente fois sa population locale de 51 156 habitants (Insee 2022).
Pour éviter le goulot d’étranglement de l’été, Arles valorise les points forts de son calendrier culturel tout au long de l’année.
L’Office de Tourisme (classé Catégorie I) et la municipalité s’engagent à répartir les flux de visiteurs, afin que habitants et voyageurs se rencontrent dans le respect mutuel. Cette démarche s’inscrit dans le cadre du label Station de Tourisme (valable jusqu’en 2036), attribué par le Préfet selon les exigences du Code du Tourisme.
Le label Station de Tourisme
Le classement Station de Tourisme est une garantie de durabilité, concrétisée par des actions tangibles :
- développement de pistes cyclables pour favoriser la mobilité douce,
- promotion des marchés locaux pour soutenir les circuits courts,
- création de zones de silence pour protéger la biodiversité de la Camargue*.
Les nuitées progressent en mars, mai, septembre et octobre : par conséquent, en tant que voyageur responsable, il vous appartient de décaler votre séjour et de consulter l’agenda de la ville. En privilégiant les visites au printemps ou en automne, vous soutenez la vitalité des professionnels locaux tout au long de l’année et contribuez à préserver le cadre de vie arlésien.
Le rythme arlésien
Pourquoi ralentir ? Oubliez la checklist des incontournables. Arles ne se visite pas, elle s’expérimente.
Le temps s’y étire au gré des saisons. Certains visiteurs font la différence. Au printemps ou en automne, la ville a ses fans dorénavant ils savent qu’elle les accueille mieux hors de l’agitation estivale.
Pour en saisir le pouls, il faut accepter de ralentir et de suivre son rythme, surtout au printemps ou en automne, moments privilégiés pour faire des rencontres sincères.
Les bonnes adresses d’Arles
Les Arlésiens sont fiers de leurs circuits courts, de leurs places animées et de leurs lieux d’hospitalité qui échappent aux guides. Ce chapitre est une invitation à emprunter leurs chemins : faire vos courses au Grand Marché d’Arles du mercredi ou du samedi — les plus grands marchés de Provence — et dénicher des adresses qui soutiennent l’économie locale.

Parmi ces lieux d’exception, un établissement incarne parfaitement cette philosophie arlésienne. Promis, vous en découvrirez d’autres au fil de notre série les semaines suivantes. .
Coup de Cœur : Hôtel – Restaurant – Bar : L’Arlatan
Installé dans un ancien hôtel particulier du Moyen Âge, rénové par l’artiste Jorge Pardo, l’Arlatan marie patrimoine millénaire et création contemporaine. Sa cuisine met à l’honneur les produits locaux, son équipe cultive l’hospitalité arlésienne avec naturel. Un lieu qui accueille habitants et voyageurs dans la même élégance discrète.

Nous vous ferons découvrir l’Arlatan dans un prochain article de cette série. L’histoire de ce lieu coche toutes les cases du Voyage Grand Angle : un patrimoine historique ancré dans la ville, une rénovation exemplaire respectueuse du passé, et une hospitalité sincère qui fait vivre le présent.
Arles, une promesse de voyage autrement
Arles n’est pas seulement une destination. Au contraire, c’est une manière de voyager au XXIᵉ siècle. C’est un territoire vivant, tissé d’Histoire et d’histoires, porté par une nature puissante et un engagement humain profond.
Chaque rencontre, chaque pierre, chaque paysage vous invite à écrire votre propre récit.
Choisir Arles hors saison, c’est être acteur d’un tourisme heureux, généreux et respectueux.
Ne ratez pas la suite de notre « Voyage Grand Angle , la semaine prochaine, Arles autrement (II) : Coup de Mistral !
Et vous, comment imaginiez-vous Arles avant de la découvrir ?
Partagez vos attentes, vos surprises, vos coups de cœur en commentaire.
Vos récits inspireront d’autres voyageur·euses à explorer la ville autrement.
1- (Sources Chiffres : OT Arles, PNR)
